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jeudi 25 février 2016

Le cabot de Fortunio (86)



Nous rejoignons Arcueil où je me gare sans trop de problème dans une petite rue. Nous déambulons tranquillement vers l’impasse. Flèche est fort intéressée par l’angle de la première maison et je laisse libre cours à ses investigations pendant que René entre dans l’impasse. Il a à peine fait cinq mètres qu’il revient en arrière en me faisant signe de me taire. Il me pousse vers la gauche et me souffle à l’oreille : « Y’a du monde là-haut ». En effet, à notre poste d’observation, il y a un gonze avec des jumelles qui scrute apparemment la maison du dénommé Alouari, le numéro 18. Flèche me tire un peu dans l’impasse, je laisse faire tout en cherchant à jeter un coup d’œil discret. Cela me permet de constater que notre guetteur n’est pas seul, il a un collègue. Pas question d’attirer l’attention, nous reprenons notre marche sur l’avenue.
-          Dans le noir, c’est difficile à voir, dit René, mais il me semble bien que c’était un black, ce mec. Qu’est-ce t’en penses ?
-          Bof, ouais, c’est possible mais j’en jurerais pas…
-          En tout cas, ils nous ont piqué notre poste d’observation et il faudrait quand même savoir qui est sur la même piste que nous… enfin, si c’est la même piste ! Chut, attention, y’a deux gonzes qui viennent de sortir de l’impasse, ils partent de l’autre côté… on y va, doucement…
Nous revenons doucement sur nos pas. Ces gars sont baraqués comme des armoires à glace, ils avancent à vive allure et nous ne pouvons pas leur courir derrière. Pas question de voir leur couleur de peau non plus. Une cinquantaine de mètres plus loin, ils montent dans une grosse berline foncée garée à contresens sur l’avenue. On aura donc une petite chance de les apercevoir. La bagnole démarre en douceur et coupe l’avenue pour prendre la droite. Coup de chance, une voiture arrive en sens inverse et, dans la lueur des phares, on voit bien que ce sont deux blacks.
-          S’ils se barrent c’est soit qu’ils vont chercher du renfort soit qu’il n’y a rien à voir pour le moment. Je parierais plutôt sur la deuxième option. Et toi ?
-          Moi aussi. Cela dit, j’aimerais bien savoir qui sont ces deux malabars. Pour causer comme toi, soit c’est des Gondolais soit c’est des malfrats. Je ne crois pas que ce sont des flics français, ils n’envoient pas les noirs par paire dans la Police Nationale, à mon avis…
-          Alors, je dirais que soit le mystère s’épaissit soit on va y voir de plus en plus clair, rétorque René. Tu crois pas qu’on ferait bien d’aller se pieuter ?
Nous revenons à notre hôtel et regagnons nos chambres respectives en proclamant que la nuit porte conseil.
Le lendemain matin, nous obtenons de pouvoir nous installer en terrasse pour le petit déjeuner, ce qui permet de le prendre tranquillement avec le chien à nos pieds. Mon portable sonne, un appel masqué. Je n’aime pas trop mais je prends.
-          Jacques ? dit une voix que je ne reconnais pas.
-          Il n’y a pas de Jacques ici, réponds-je de façon peu amène.
-          Et connard, ça te dit rien, des fois ?
(à suivre...)

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